Où commence vraiment une histoire ?
- Uriel

- 11 nov. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 nov. 2025
Je me suis souvent demandé où commence vraiment une histoire. Sur la première page d’un livre, ou au premier battement de cœur qui en inspire les lignes. Peut-être qu’on ne peut pas raconter une histoire sans l’avoir un peu vécue, sans en porter en soi l’écho, la blessure ou la lumière.
La mienne n’a pas débuté à Venise, ni dans les ruelles de Paris, Lisbonne ou Carcassonne. Elle a commencé ce soir-là, entre deux fuseaux horaires.
Elle rêvait d’apprendre l’anglais. Moi, je cherchais l’amour de ma vie, sans trop y croire.
Tout a donc commencé par un simple message sur WhatsApp, après quelques conversations sur une appli de rencontre. Ce soir-là, il était presque vingt-trois heures, un 10 octobre. La journée avait été longue, et j’étais déjà sous la couette. Je m’apprêtais à fermer les yeux lorsqu’un message illumina l’écran de mon téléphone :
Cléo : Good night (bonne nuit en anglais)
Cléo : 😊
Ces mots, simples en apparence, portaient une légèreté désarmante. Un sourire s’esquissa spontanément sur mon visage, comme si ces quelques caractères et cet émoji avaient suffi à éclairer ma soirée et à bercer mon sommeil d’une douce rêverie.
Ma réponse fut instinctive, portée par un mélange d’émotion et de curiosité.
Uriel : Happy to see you here (je suis heureux de te voir ici, en anglais)
Uriel : Boa noite 😘 (bonne nuit en brésilien)A : Não, eu tenho que te dizer... você coloca um grande sorriso no meu rosto... Eu vou dormir bem. (Non, je dois te dire que tu m’as donné un large sourire… Je vais bien dormir. En brésilien, traduit directement depuis mon téléphone.)
Cette première interaction, mêlant anglais et portugais, marqua un tournant. Il ne s’agissait pas seulement de quelques échanges anodins. Pour la première fois depuis longtemps, je sentais une connexion sincère, fragile mais pleine de promesses.
Trouver l’amour, c’est un peu comme cuisiner sans recette fixe. On peut suivre les grandes lignes, mais il y a toujours cette pincée d’instinct, cette touche personnelle qui fait toute la différence, ce petit grain de sel. Avec le temps, j’ai compris que la sincérité et l’authenticité en étaient les ingrédients essentiels : être soi-même, transparent, oser exprimer aussi bien son amour que ses attentes. Ce soir-là, c’est exactement ce que j’ai fait. D’un doigt hésitant, mais résolu, j’ai tapé ce message :
Uriel : Je veux juste de l’amour ❤️ Je crois l’avoir trouvé avec toi... Je suis prêt à le faire vivre.
Une déclaration simple, mais venue du fond du cœur. Les mots ont d’abord voyagé comme des éclats timides, puis sont devenus flamme. Chaque échange portait un parfum d’évidence, mais aussi cette inquiétude douce qui naît quand la distance menace un amour trop jeune pour résister à l’usure du temps. Mon idée fut à la fois simple et vertigineuse : offrir à Cléo des fragments d’éternité, comme on dépose des étoiles dans le ciel d’une nuit pluvieuse à Marabá. Chaque matin, je ravivais les braises de mes mots, soufflant sur les cendres de mes déclarations, espérant qu’elles réchauffent un peu la distance qui nous sépare. J’ai commencé à lui écrire des poèmes, un par jour, sans jamais faillir, comme si chaque aube portait en elle un serment à renouveler, une façon de dire : je suis là, même quand l’océan nous sépare.
De là, tout s’est enchaîné comme dans un roman qu’on ne contrôle plus : une rencontre à Paris, Courchevel sous la neige, Venise et les reflets des lagunes, Narbonne en famille… curieusement, les mêmes lieux où se déroule l’histoire du Saphir des Doges. Comme si la fiction avait précédé la vie, ou peut-être l’avait appelée.
À mon retour, les mots se sont imposés d’eux-mêmes :
Avant notre rencontre à Paris, je portais en moi le rêve d’un amour parfait, celui qui comblerait mes espoirs les plus doux. Mais jamais je n’aurais imaginé qu’une âme comme la tienne puisse exister, qu’une femme puisse non seulement incarner tout ce que j’attendais, mais bien plus encore. Ces quinze derniers jours à tes côtés m’ont comblé et apporté bien au-delà de tout ce que j’avais espéré. Tu es le souffle qui anime mes jours, le feu qui réchauffe mes nuits. Ton sourire est un éclat de soleil, ton regard un refuge où je dépose mes doutes et mes peurs. Chaque mot, chaque geste, chaque éclat de rire a enrichi cet amour qui a grandi en moi, comme un arbre solidement enraciné dans la promesse de l’éternité. J’ai découvert en toi une force qui m’élève, une douceur qui m’apaise, une passion qui donne un sens à tout. À tes côtés, j’ai senti mes rêves dépasser leurs frontières, et mon cœur battre avec une intensité que je ne connaissais pas. Mon amour pour toi, déjà immense, s’est transformé au fil de ces quinze derniers jours. Il est devenu infini, comme les étoiles qui scintillent au-dessus de nous. Si je devais chercher des mots pour exprimer ce que je ressens, aucun ne suffirait. Tout ce que je peux dire, c’est que tu es et seras toujours l’amour de ma vie, mon étoile, mon tout, l’âme de mon âme, mon âme sœur.
Peut-être que la phrase la plus juste, celle qui nous résume le mieux, se trouve dans un dialogue du livre, celui où Yara et Aurélien, sans le savoir, parlaient déjà pour nous.
Elle s’approcha, juste assez pour qu’il sente la chaleur de son visage et son parfum.
— Mais, ce soir-là, on n’a pas volé qu’un bijou, Aurélien. On s’est volés l’un l’autre.
J’ai compris que certaines histoires ne s’écrivent pas, elles se vivent, et que parfois, le roman le plus vrai est celui qui commence après le mot Fin.
De cette rencontre est né Le Saphir des Doges. D’abord par amour, puis par lumière. Car au fond, écrire n’est rien d’autre que tenter de retenir l’éclat de ce qui nous dépasse, un visage, un instant, ou peut-être une vérité qu’on pressentait depuis toujours.
Ce que nous appelons la lumière n’est pas ce qui éclaire, mais ce qui nous met à nu.
Et l’amour, lui, n’en est qu’un rayon.
C’est ainsi qu’un message devint une histoire, qu’une histoire devint un livre, et qu’un amour donna naissance à une lumière plus ancienne encore.
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