Le syndrome de l'imposteur, mon compagnon silencieux.
- Uriel

- 13 nov. 2025
- 2 min de lecture
Il y a quelque chose que je n’ai longtemps pas osé dire, ni dans mon travail ni dans mon écriture. Même après cinq ans comme représentant pays d’une organisation internationale, même après des centaines de réunions, de décisions lourdes, de nuits trop courtes, et même après des dizaines de discours en public, je porte encore en moi cette petite voix qui demande, au fond, ce que je fais là. Comme si, malgré l’expérience et les responsabilités, il suffisait d’un faux pas pour que tout s’écroule et que quelqu’un découvre que je ne suis qu’un type qui essaie simplement de faire de son mieux.
Ce doute, je le retrouve aussi dans l’écriture. On imagine souvent qu’un auteur avance porté par son inspiration. La réalité est plus fragile. Derrière chaque chapitre, chaque dialogue, chaque choix narratif, il y a ce frisson de l’incertitude, cette impression d’être au bord l’imposture. Une impression que je connais déjà dans mon travail, et qui revient dès que je termine une phrase sur la page.
Mais ce que ces années m’ont appris, que ce soit dans mon bureau ou devant un manuscrit, c’est que le syndrome de l’imposteur n’est pas le signe que l’on n’est pas à la hauteur.
C’est le signe que l’on se soucie profondément de ce que l’on fait.
C’est le revers d’une exigence, d’un engagement total.
C’est la trace d’une humilité qui n’a rien à voir avec la faiblesse.
L’humilité, la vraie, n’est pas cette voix qui nous réduit. C’est celle qui nous rappelle que nous restons des êtres humains qui apprennent, qui doutent, mais
qui avancent malgré tout.
Et peut-être que c’est cela, grandir : accepter de ne pas toujours se sentir à la hauteur, mais tenir quand même, un mot à la fois.
Ṷriel

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